Isabelle Barbier

Feb 25, 2018 • 11 min read

Bien sûr, on a tous envie de faire belles plongées - des conditions parfaites, une vie marine riche, un sentiment de confiance et de plénitude sous l’eau… mais lorsqu’un imprévu arrive, comment prendre les décisions adéquates de manière à ne pas sacrifier notre sécurité?

La fin de la plongée approche, j’ai un peu froid ou je me sens fatiguée. Mais je ne dis rien car je ne souhaite pas ‘gâcher’ la plongée des autres… cela vous semble familier? L’enchainement de signaux que l’on considère comme ‘faibles’ et que l’on ignore peuvent parfois se transformer en accident de plongée.

Alors on a analysé les situations que l’on avait vécues au cours des années, beaucoup lu sur les accidents de plongée, et essayé d’en tirer des principes que n’importe quel plongeur peut appliquer afin de prendre les bonnes décisions au bon moment. Cela n’est sans doute ni exhaustif, ni ‘parfait’… aussi n’hésitez pas à apporter d’autres idées.

Voici les quatre principes que vous pourrez utiliser dans la plupart des situations:

  1. Planifiez votre plongée et ne deviez pas du plan
  2. Ayez confiance en vous, depuis vos premières plongées
  3. Soyez attentionné avec votre binôme, il le sera avec vous
  4. Ayez l’équipement de securité nécessaire… et sâchez vous en servir!

Nouveaux plongeurs? J’espère que ces grands principes vous aideront à un moment donné lors de vos plongées, afin que vous puissiez profiter de vos plongées en toute sécurité.

1. PLANIFIEZ VOTRE PLONGÉE ET NE DEVIEZ PAS DU PLAN

Avez-vous eu un brief de plongée approprié?

Commençons avec les basiques. Parfois, le brief de la plongée est survolé… voir inexistant. Et personne ne prend la peine de demander, pour ne pas paraitre ‘inexperimenté’, ne pas ‘déranger’, ou tout simplement parce que personne n’y pense.

Une plongée en sécurité commence par un plan de plongée approprié aux conditions et à l’expérience des plongeurs. Alors regardons ce qu’un bon brief est censé contenir…


  • Les conditions: la temperature de l’eau, les courants, la visibilité
  • La durée de la plongée
  • La profondeur maximale
  • Les signes à utiliser pour communiquer
  • La vie marine que vous pourriez rencontrer
  • Quoi faire en cas d’urgence ou de séparation de binôme
  • Les binômes et procédures de vérification d’équipement

Si certains de ces éléments venait à manquer, ne soyez pas timide et demandez des précisions.

Etes-vous certifié pour ce qui est prévu?

Beaucoup d’accients arrivent parce que le plongeur n’était pas certifié et/ou n’avait pas l’expérience nécessaire pour ce qui était prévu. Parfois aussi, le guide de palanquée nous dit que tout se passera bien… et même si l’on sait tous que nous n’avons pas le niveau, nous leur faisons confiance - parce qu’après tout, ce sont eux les professionnels, n’est-pas?

En tant que plongeuse avec à l’époque relativement peu d’expérience, en voyage aux Philippines, mon guide de palanquée me dit que je suis assez expérimentée pour aller dans une épave à 40 mètres de profondeur. Je me souviens ce jour avoir dit au club de plongée que je ne voulais pas plonger trop profond car j’étais encore fatiguée du long voyage depuis Paris. A l’annonce de ce plan de plongée, je me souviens avoir pensé ‘ouahh, cela pourrait être super!’ Cela était plus profond que ce pour quoi j’étais certifiée. Je n’étais pas non plus certifiée pour pénétrer des épaves. Je me sentais fatiguée… mais je sais que j’ai un bon controle de ma flottabilité, j’ai confiance sous l’eau, et nous serons en petit comité… Je me souviens avoir pensé: ‘bon il sait tout cela et malgré mon manque d’expérience, il pense que je peux le faire, c’est un professionnel. Je peux donc lui faire confiance pour prendre la bonne décision. Allez, on y va.’

Bien que tout se soit bien passé, c’était une mauvaise décision.

Très récemment, j’ai lu la même histoire, avec un groupe plus grand. C’est apparemment une pratique commune sur ce spot. Plusieurs plongeurs y ont perdu la vie.

Cela aurait pu être moi.

Trop d’accident arrivent car les standards ne sont pas respectés, que ce soit par les plongeurs et/ou les professionnels de la plongée.

En tant que plongeur, souvenez-vous de savoir dire Non si vous n’êtes pas certifié. Vous êtes autant, voire plus qualifié qu’un guide de palanqué ou un instructeur pour connaitre vos limites. Les certifications acquises ou pas en font partie.

Ne laissez pas les autres vous influencer dans votre jugement. Pas certifié pour ce qui est prévu? Faites-en part. Si la plongée n’est pas modifiée pour que vous puissiez la faire, plongez avec un autre groupe de votre niveau ou ne faites pas cette plongée… il y en aura d’autres!


Une fois sous l’eau, est-ce que les conditions sont radicalement différentes de ce qui était prévu?

Si c’est le cas, et vous pensez que cela peut être potentiellement dangereux ou que vous n’avez pas l’expérience suffisante pour évoluer dans ces conditions n’hésitez pas à arrêter cette plongée.

Encore une fois, c’est l’expérience qui m’a fait comprendre comment réagir dans ce type de cas.

Lors du passage de mon niveau avancé, cette-fois-ci en Malaysie, notre instructeur nous a emmené plonger sur un site sur lequel il y avait une épave. Pour descendre, nous devions nous accrocher à la ligne d’encre du bateau - le courant était tel que nos mains en était écorchées. L’instructeur, lui, ne se montrait pas préoccupé par un tel courant (peut-être était-ce parce qu’il avait des gants?!). Pour information, je précise que l’objet de la plongée n’était pas de faire une dérivante. Aucune évocation d’un potentiel courant lors du brief sur le bateau.
Après quelques minutes sur l’épave, nous avons commencé à dériver avec le courant, sur des fonds sablonneux, pendant ce qui a semblé être une éternité. Une bonne trentaine de minutes, portés à une vitesse rapide. Je me souviens que nous nous regardions avec mon binôme, en faisant des signes avec les mains signifiant ‘mais qu’est-ce qu’on fouuut?’ Mais nous avons pensé que notre instructeur savait mieux que nous, nous ne l’avons pas interpelé, il ne communiquait pas trop non plus il faut dire. Lorsque nous sommes remontés, nous étions tellement éloignés du bateau et de l’île principale que personne ne pouvait nous voir… Une heure plus tard, le courant continuait de nous emporter vers la pleine mer, et je commençais à me demander comment cela allait se terminer. Par chance un bateau de tourisme nous a aperçu de loin et est venu à notre rescousse en criant: ‘mais qu’est-ce que vous foutez là?!!’

Nous avons eu énormément de chance. Nous y serions sns doute encore si ce bateau ne nous avait pas aperçus.

Dans ce cas précis, les conditions étaient très différentes de ce qui était prévu. Mais notre manque d’expérience, allié a un manque confiance en nous sans doute, nous a incité à porter une confiance aveugle en notre instructeur - en dépit du bon sens.

C’est peu de temps après cet incident que j’ai eu envie de devenir professionnel, en prenant mon temps pour passer les differents niveaux, afin d’avoir l’experience nécessaire et que cela ne soit pas juste une petite carte en plus. Car ainsi je saurai comment réagir, prendre les bonnes décisions, et ne plus être dépendante d’autres personnes qui ne sont pas si professionnelles que ça.

Cette expérience nous a appris que nous devions davantage nous faire confiance pour prendre les bonnes décisions, et, ce, à quelque niveau que ce soit. C’est d’ailleurs mon prochain point.

2. AYEZ CONFIANCE EN VOUS, DEPUIS VOS PREMIÈRES PLONGÉES

Posez des questions, à propos de tout ce qui vous passe par la tête.

On le dit souvent, et c’est également vrai en plongée, il n’y a pas de mauvaises questions. Queque chose vous tracasse, vous surprend? Parlez-en. n’attendez-pas. Prenez l’habitude de faire cela dès votre première certification.

Soyez à l’écoute de vos ressentis

Il est tout à fait normal de ne pas plonger si vous ne vous sentez pas bien. Sachez reconnaître les signes de fatigue, de stress, de manque de confiance, en vous et en tant que binôme responsable, chez les autres.

Avant la plongée, sur le bateau, cela peut être quelqu’un qui parle trop, ou au contraire qui ne parle pas du tout. Approchez cette personne et entamez la conversation, essayez de voir ce qui ne va pas.

Sous l’eau, de grosses bulles: la personne est peut-être stressée ou fatiguée? Demandez avec un OK si tout va bien. Reposez-vous quelque part en vous accrochant à un rocher.

Le regard en dit beaucoup aussi: la personne est-elle ‘présente’ lorsque vous communiquez? Un autre signe peut être aussi la manière de palmer, frénétique… Bref, sachez être à l’écoute, observer, et communiquer rapidement.

Sachez dire NON si vous n’avez pas le niveau nécessaire: certification et expérience

Pénétrer une épave sans avoir fait la formation? C’est un Non. La même chose pour une plongée trop profonde ou autres propositions de ce type.

3. SOYEZ ATTENTIONNÉ AVEC VOTRE BINÔME, IL LE SERA AVEC VOUS


Apprenez à connaitre votre binôme avant la plongée

Le trajet de bateau jusqu’au site est parfait pour poser quelques questions: quand était leur dernière plongée? Leur niveau? Expérience? Comment aiment-ils plonger? Parlez aussi de votre expérience, de comment vosu communiquez sous l’eau, et essayez de créez une relation de confiance.

Faites systématiquement votre ‘buddy check’ (vérification de l’équipement en binôme avant chaque plongée), même si vous avez 3000 plongées au compteur

Souvenez-vous que cette étape peut vous épargner beaucoup d’incidents. Alors Gilet, Ceinture de poids, Boucles, Air, Palmes, Masque, et si l’on se sent bien, c’est parti!

Voir des plongeurs une fois sous l’eau réaliser que leur bouteille n’est pas ouverte arrive plus souvent qu’on ne le pense! Beaucoup de stress aurait pu être évité avec un simple ‘buddy check’.

Communiquez sous l’eau

Demandez si ça va regulièrement, combien d’air a votre binôme, évaluez la distance entre vous. Est-ce que son équipement est bien mis - pas de sangle qui glisse? de cheveux coincés dans le masque? etc.

En cas de soucis - froid, oreilles, courant trop important, fatigue… - n’attendez pas en pensant que cela va disparaitre. Tout le monde a des problèmes sous l’eau de temps en temps. Parlez en rapidement à votre binôme et/ou guide. C’est plus facile si vous communiquez bien avec la personne.

Sachez quoi faire en cas de séparation de binôme

N’espérez pas que les autres vous retrouvent et ne continuez pas votre plongée seul! La procédure standard est regarder autour de vous pendant une minute, puis de commencer la remontée. cela est valide pour l’ensemble des plongeurs de la palanquée.

4. AYEZ L’EQUIPEMENT DE SECURITE NECESSAIRE… ET SACHEZ VOUS EN SERVIR!

‘Que signifie ce chiffre sur mon ordinateur de plongée? Comment se sert-on du parachute?’ Si vous avez des doutes sur comment utiliser votre équipement, posez des questions. On a tous appris un jour.

Regarder régulièrement votre ordinateur de plongée

Afin de ne pas surcharger votre corps en azote, ayez un profil de plongée conservateur. Cela signifie remonter avant d’entrer dans des profils de décompression.


Ayez un objet qui vous serve à attirer l’attention sous l’eau

Imaginez que vous soyiez pris dans un courant puissant, éprouviez quelques difficultés ou fatigue, et que tout le monde soit focalisé sur sa propre personne… Avoir un objet en métal que vous pouvez tapper sur votre bouteille peut être utile pour attirer l’attention en cas d’urgence uniquement (pas pour signaler un poisson clown!).

Ayez toujours un signal visible et audible, par exemple parachute et sifflet

En général on utilise à la remontée un seul parachute par palanquée. Il est cependant recommandé que chaque plongeur ait son propre parachute afin de pouvoir remonter à la surface en toute sécurité (les bateaux vous voient) et, être vu en cas de séparation de binôme. Le ‘Tout en un’ de Mares est particulièrement pratique a accrocher sur la stab.


Vous pouvez le trouver sur: www.divingdirect.co.uk

Un signal audible tel un sifflet est la plupart du temps accroché sur la stab. Cela peut être particulièrement pratique si vous êtes éloigné.

Il est aussi recommandé d’avoir un couteau qui vous permette de vous libérer sous l’eau dans le cas où vous seriez pris dans une ligne ou un filet. Placez-le dans une zone facile d’accès.

Enfin, adaptez votre équipement de sécurité aux conditions dans lesquelles vous plongez

Pour les plongeurs qui vont dans des spots à courants, il est recommandé d’avoir un équipement tel le Nautilus Lifeline - une radio GPS que vous attachez à votre stab et pouvez activer en cas d’urgence une fois en surface. Les bateaux aux alentours recevront le signal de détresse et pourront vous localiser. Un investissement de 240 dollars qui peut sauver une vie.

La plupart des plongeurs expérimentés ont envie de voir ‘du gros’ et cela signifie la plupart du temps plonger dans des courants. Sur des spots comme Komodo, Raja Ampat, les Galapagos, ou encore les îles Cocos, les courants puissants sont fréquents… aussi il est sage d’en avoir un sur votre BCD.


Vous pouvez l’acheter en ligne sur: nautiluslifeline.com

DERNIERS MOTS…

Nous avons tous commencé à plonger inexpérimentés, avec plein de questions dans la tête, en apprenant les uns les autres de nos erreurs, plongée aprés plongée. Une bonne habitude en tant que plongeur est d’avoir un regard critique sur les plongées que vous venez d’effectuer. Est-ce que quelque chose s’est mal passé? Cela aurait-il pu mal tourner? Pour vous ou les autres? La réaction était-elle adaptée? Aurions-nous pu anticiper ces incidents? Que ferais-je dans le futur?

Enfin, il se peut que j’ai oublié de bons conseils, aussi sentez-vous libre de commenter de manière constructive sur cet article!

J’espère que vous aurez trouvé la lecture utile, et surtout que de fantastiques plongées vous attendent!


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